‹ Théatre de sociétéChapitre 44 sur 113 · MADAME BERRARD, LE MARQUIS, ZÉLIE · texte numérisé non relu

MADAME BERRARD, LE MARQUIS, ZÉLIE

LE MARQUIS

Eh bien! madame Berrard , avez-vous tait préparer le nouvel appartement de votre laaîtresse?

COMÉDIE. iS;

Mme BERRARD.

Oui , monsieur, j'ai suivi vos ordres.

ZÉLIE

Ah, ma bonne ! ne regretlez-vous pas celui que nous quittons? ( Au marquis. ) Du moins accordez-moi la liberté d'y retourner chaque jour une fois; mon cœur se serre en pensant que je ne verrai plus un lieu si cher, où j'ai passé sans doute les plus doux momens de ma vie. Ah mon ami...! je ne sais ce qui se passe au fond de mon âme, mais elle est bien trisie — {Elle met sa main dei>ant ses yeux pour cacher ses pleurs. )

LE MARQUIS

Zélie! ma chère enfant.... que cette sensibilité si touchante a de charmes pour moi! ah! croyez que voire bonheur m'est plus cher que ma vie!

ZÉLIE

Dites - moi donc que vous m'aimez , répétez -le -moi souvent..., aussi souvent qu'autrefois....

LE MARQUIS

Ah Zélie! n'en doutez pas, vous êtes tout pour moi; un sentiment si doux, nourri depuis si long-temps , absorbe en moi tous les autres, et ne pourra jamai.s

j85 ZÉLIE,

s'afTaiLlir un moment : objet de tous mce soins, de tous mes projets ^ de toutes mes pensées, rien ne peut me distraire de vous; tout ce qui n'est pas vous m'est insipide , importun , et je préfère à tous les biens du monde le bonheur inexprimable de vous voir, de vous entendre, et d'être aimé de vous.

ZELIE , avec tran':po^^.

Je vousretron\e enfin; oui , c'est vous qui venez de parler ; c'est mon ami, c'est.... ah ! c'est tout ce que j'aime. Ma tristesse est dissipée , mes noires idées sont évanouies; un discours si tendre, des paroles si chères m'ont rendu mon bonheur ; disposez de moi, de ma destinée, je me soumets à tout avec joie; je ne regrette |)îus ni ma retraite ni mon obscurité ; vous m'aimez de même, il suflit; que me faut-il de plus ! et qu'importe le reste !

LE MARQUIS, à part.

Quels charmes, quels transports j'éprouve en l'écoutant... ! (Haut.) AWcz y ma chère Zélie; dans un moment j'irai vous retrouver, allez.... {^4 part. ) Que mon trouble est extrême. . . ! il est égal à ma faiblesse.

ZÉLIE

Je vous quille pour un instant.... Mais qu'un instant est long sans vous ! Je l'emploîrai du moins à me rappeler les conseils que vous venez de me donner, et caoyez que je les suivrai tous : il m'est si doux de vous obéir. . . !

LE MARQUIS

Ah;, Zéiie... !

Eh bien...! parlez; vous paraissez avoir quelque chose à me dire encore....

LE MARQUIS

Ah... ! si j'en croyais mon cœur.... N'entends-je pas du bruit? On vient, éloignezvous, ma chère Zélie.... Allez, je vous en conjure.

ZÉLIE

Je n'entends rien ; mais, vous le voulez, je vous laisse. Allons, ma bonne : que j ai de peine à m'arracher d ici ! ( Elles soj'tent. )

tgo ZÉLIE

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