‹ Théatre de sociétéChapitre 57 sur 113 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ARISTE , seul.

Je demeure pétrifié... : l'excès de mon éioniiement me rend immobile... Je viens, rempli de joie, lui ravir un reste d'espérance j j'exagère un récit qui devait si bien porter au comble son dépit et sa jalousie f je le vois ému , furieux , désespéré , et c'est dans cet instant qu'il se décide à tout sacrifier au fatal objet de tant de peines.... Non, tant de générosité n'est pas dans la nature; il a voulu détruire le plaisir que me causait l'événement qui l'accable.... Mais quand il verra Zélie lui préférer le chevalier , lui dire qu'elle l'aime...; quand" il sera témoin de leurs transports , de leur bonheur..., il sentira lui-même l'extravagance de ses projets , s'il est vrai qu'il ait pu les former de bonne foi. Mais Zélie elle-même a-t-elle pour le chevalier cette passion si vive que je lui suppose ? Son âme innocente et simple n'a peut-être éprouvé que les mouveraens de la pitié et de la frayeur, et son amant aura pu s'y méprendre en les attribuant à l'amour....

Je veux la voir et lui parler ; un cœur tel que le sien est facile à connaître... Allons la cherchq^'... Mais le hasard l'amène ici , saisissons cet instant favorable, et sachons enfin à quoi je dois m'attendre.

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