II. i
ago ZÉLIE ,
DO RIVAL
Pardonnez-moi les peines que je vous ai causées dans ce jour; je voulais éprouver ma fille; elle a cru d'abord ne trouver dans son père qu'un malheureux fugitif, qu'un proscrit , qui n'offrait à sa jeunesse qu'un éternel exil. La pitié , l'humanité , la tendresse du sang Font emporté dans son cœur sur le bonheur de sa vie , sur l'amour même ; enfin , mourante , désespérée , elle me suivait.... O moment délicieux , où je l'ai vue tremblante, inanimée , se jeter dans mes bras , et s'arracher en gémissant de ces lieux si cliers....! O ma
fille....!
ZÉLIE
Ah ! mon bonheur surpasse, s'il est possible, l'excès des maux que j'ai soufferts.... LE MARQUIS.
Ah mon oncle. . . . ! (^^4 Clarice.) Et vous , madame, concevez- vous l'excès de ma félicité....?
Croyez que nos cœurs la partagent.
CLARICE, se rapprochant de Zélie et l'embrassant.
Ma chère Zélie, qu'il m'est doux de vous voir un sort digne de vous !
COxMEDlE. 291
LE MARQUIS , au chevalier.
Mais comment réparer mon injusle emportement....? Parlez, monsieur j, dalgnerez-vous oublier....?
LE CHEVALIER
Ce jour doit être un jour de grâce....; et Clarice elle - même en peuL donner l'exemple....
LE MARQUIS
Nous l'en conjurons tous.
CLARICE
Mon cœur peut-être me parlerait encore mieux en sa faveur , si j'osais l'écouler ; mais il est des torts dont le temps seul peut o1>tenir le pardon. Mon cher marquis , l'amour va faire votre bonheur ; il s'accorde avec la raison ; hélas ! je ne le sens que trop , cet assemblage heureux, peut seul assurer une félicité pure et durable.
FliN' DU CINQUIEME ET DERNIER ACTE.