ACTE IV, SCÈNE II
Il aperçoit dans un coin une magnifique paire de bottines à canons de dentelles. Il jette lestement ses vieux souliers, et chausse sans façon les bottines neuves.
Voyons d'abord où m'ont jeté ses perfidies.
Après avoir examiné la chambre de tous les côtés.
Maison mystérieuse et propre aux tragédies. Portes closes , volets barrés , un vrai cachot. Dans ce charmant logis on entre par en haut, Juste comme le vin entre dans les bouteilles.
Avec un soupir.
— C'est bien bon du bon vin ! —
Il aperçoit la petite porte à droite, Vouvre, s'introduit vivement dans le cabinet avec lequel elle communique ; puis rentre avec des gestes d'étonnement.
Merveille des merveilles !
Cabinet sans issue où tout est clos aussi !
Il va à la porte du fond, Ventf ouvre, et regarde au dehors; puis il la laisse retomber et revient sur le devant du théâtre.
Personne! — Où diable suis-je? — Au fait, j'ai réussi A fuir les alguazils. Que m'importe le reste? Vais-je pas m'effarer et prendre un air funeste Pour n'avoir jamais vu de maison faite ainsi?
// se rassied sur le fauteuil, bâille, puis se relève presque aussitôt.
Ah çà! mais — je m'ennuie horriblement ici.
Avisant U7ie petite armoire dans le mur, à gauche, qui fait le coin du pan coupé.
Voyons, ceci m'a l'air d'une bibliothèque.
// y va et Vouvre. C'est un garde-manger bien garni.
Justement. — Un pâté, du vin, une pastèque. C'est un en-cas complet. Six flacons bien rangés ! Diable! sur ce logis j'avais des préjugés.
Examinant les flacons l'un après l'autre.
C'est d'un bon choix, — Allons! l'armoire est honorable.
Il va chercher dans un coin la petite table ronde^ l'apporte sur le devant du théâtre et la charge pijeusement de tout ce que contient le garde-manger, bouteilles^ plats, etc.; il ajoute un verre, une assiette, une fourchette, etc. Puis il prend une des bouteilles.
Lisons d'abord ceci.
Il emplit le verre, et boit d'un trait.
C'est une œuvre admirable De ce fameux poète appelé le soleil !
Xerès-des-Chevaliers n'a rien de plus vermeil.
Il s'assied, se verse un second verre et boit.
Quel livre vaut cela ? Trouvez-moi quelque chose De plus spiritueux !
// boit.
Ah Dieu, cela repose !
Mangeons.
Il entame le pâté.
Chiens d'alguazils! je les ai déroutés.
Ils ont perdu ma trace.
Il mange.
Oh! le roi des pâtés!
Quant au maître du lieu, s'il survient...—
Il va au buffet et en rapporte un verre et un couvert qu'il pose sur la table.
Je l'invite.
— Pourvu qu'il n'aille pas me chasser! Mangeons vite.
// met les morceaux doubles.
Mon dîner fait, j'irai visiter la maison. Mais qui peut l'habiter? peut-être un bon garçon. Ceci peut ne cacher qu'une intrigue de femme. Bah! quel mal fais-je ici? qu'est-ce que je réclame"^