‹ Théâtre de Victor Hugo. 3e sérieChapitre 183 sur 208 · DEUXIEME PARTIE, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE, SCÈNE VI

iiATTO, aux archers.

Saisissez cet homme et celte femme.

OTBERT, tira72t SOU épée et arrêtant du geste les soldats. Marquis Hatto, je sais que tu n'es qu'un infâme. Je te sais traître, impie, abominable et bas. Je veux savoir aussi si l'on ne trouve pas Au fond de ton cœur vil , cloaque d'immondices, La peur, fange et limon que déposent les vices. Je soupçonne, entre nous, que tu n'es qu'un poltron ; Et que tous ces seigneurs,— meilleurs que toi, baron ! — Quand j'aurai secoué ton faux semblant d'audace, Vont voir ta lâcheté te monter à la face ! Je représente ici , par son choix souverain , Réginà, fille noble et comtesse du Rhin. Prince, elle te refuse, et c'est moi qu'elle épouse. Hatto , je te défie , à pied , sur la pelouse Auprès de la Wisper, à trois milles d'ici , A toute arme, en champ clos, sans délai, sans merci , Sans quartier, réservés d'armet et de bavière, A face découverte , au bord de la rivière ; Et l'on y jettera le vaincu. Tue ou meurs.

Régina tombe éoanome. Ses femmes l'emportent. Otherl barre le passage aux archers , qui veulent s'approcher.

Que nul ne fasse un pas ! je parle à ces seigneurs.

Aux princes.

Écoutez tous , marquis venus de la montagne ,

Duc Gerhard, sir Uther, pendragon de Bretagne,

Burgrave Darius , burgrave Cadwalla :

Je soufflette à vos yeux ce baron que voilà ;

Et j'invoque céans pour chàlier ses hontes,

Le droit des francs-archers par-devant les francs-comtes !

// jette son gant au visage de Hatto. — Entre le Mendiant, confomlu dans la foule des a<<^is(ants.

IIATTO.

Je t'ai laissé parler!

30fi LES BUR GRAVES.

Bafi à Zoaglio Giannilaro , qui est /^m de lui dans la foule des seigneurs.

Dieu sait , Giannilaro , Que mon épée en tremble encor dans le fourreau !

A Othnt.

Maintenant, je te dis : Qui donc es-tu, mon brave? Parle, es-tu fils de roi , duc souverain , margrave , Pour m'oser défier? Dis ton nom seulement , Le sais-tu? Tu te dis l'archer Otbert.

Aux seigneurs.

Il ment.

A Otbert.

Tu mens. Ton nom n'est pas Otbert. Je vais te dire

D'où tu viens, d'où tu sors, ce que tu vaux! — messire,

Ton nom est Yorghi Spadacelli. Tu n'es

Pas même gentilhomme. Allons! je te connais.

Ton aïeul était corse et ta mère était slave.

Tu n'es quun vil faussaire, esclave et fils d'esclave.

Arrière !

Aux assistants.

Il est, seigneurs, des princes parmi vous. S'ils prennent son parti , je les accepte tous. Pied contre pied, partout, ici, dans l'avenue, Deux poignards dans les mains, et la poitrine nue !

A Otbert.

Mais toi , vil brigand corse , échappé des makis ,

// pousse du pied le gant d' Otbert.

.lette aux valets ton gant !

OTBERT.

Misérable '

LE MENDIANT, faisant un pas, à Hatto.

Marquis!

.l'ai quatre-vingt-douze ans. mais je te tiendrai tête. — Une épée !

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