‹ Théâtre de Victor Hugo. 3e sérieChapitre 42 sur 208 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

noirs. Bannières de la Miséricorde. Flambeaux. Archers. Gens dejastice et du guet. Les soldats écartent* la foule. Parait la Esmeralda, en chemise, la corde au cou, jjieds nus, couverte d'un grand crêpe noir. Près d'elle, un moine avec U7i crucifix. Derrière elle, les bourreaux et les gens du roi. Quasirnodo^ appuyé aux contreforts du portail , observe avec attention. Au 77ioment où la condamnée arrive devant la façade, on entend un chant grave et lointain venir de V intérieur de V église^ dont les portes sont fermées.

CHŒUR, dans l'église.

Omnes fluctus fluminis Transierunt super me In imo voraginis Ubi plorant animœ.

Le chant s'approche lentement. Il éclate enfin près des portes qui s'ouvrent tout à coup et laissent voir l'intérieur de l'église occupé par une longue procession de prêtres en habits de cérémonie et précédés de bannières. Claude Frollo, en costume sacerdotal, est en tête de la procession. Il s'avance vers la condamnée.

LE PEUPLE

Vive aujourd'hui , morte demain !

Doux Jésus, tendez-lui la main.

LA ESMERALDA

C'est mon Phœbus qui m'appelle 1

Dans la demeure éternelle | ^

Où Dieu nous tient sous son aile 1 [ ^

Béni soit mon sort cruel ! / g

Au fond de tant de misère, Mon cœur qui se brise espère.

Je vais mourir pour la terre !

Je vais naître pour le ciel!

LA ESMERALDA

CLAUDE FROLLO

Mourir si jeune, si belle!

Héhisl le prêtre infidèle Est bien plus condamné qu'elle Mon supplice est éternel.

Pauvre fille de misère Que j'ai prise dans ma serre, Tu vas mourir pour la terre I Moi , je suis mort pour le ciel 1

LE PEUPLE

Hélas! c'est une infidèle!

Le ciel , qui tous nous appelle .

N'a point de portes pour elle.

Son supplice est éternel.

La mort , oh ! quelle misère !

La tient dans sa double serre ; Elle est morte pour la terre !

Elle est morte pour le ciel !

La procession s'approche. Claude aborde Esmeralda.

LA ESMERALDA, glacéc de terreur.

C est le prêtre !

CLAUDE FROLLO, buS.

Oui, c'est moi; je t'aime et je t'implore. Dis un seul mot , je puis encore , Je puis encore te sauver.

Dis-moi : Je t'aime.

ESMERALDA

Je t'abhorre.

Va-l'en.

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