SCÈNE I
DON SALUSTE DE BAZAN, GUDIEL, jmr imlants RUY BLAS.
DO-N SALLUSTE
Ruy Blas, fermez la porte, — ouvrez cette fenêtre.
Rmj Blas obéit, jmis, sur un signe de don Salluste, il sort
par la porte du fond. Don Salluste va à la fenêtre. Ils dorment encor tous ici , — le jour va naître. Il se tourne brusquement vers Gudiel.
Ahîc'estun coup de foudre ! . . . — oui, mon règne est passé,
Gudiel ! — renvoyé , disgracié , chassé ! —
Ah! tout perdre en un jour ! — L'aventure est secrète
Encor, n'en parle pas. — Oui, pour une amourette,
— Chose , à mon âge , sotte et folle , j'en convien ! —
Avec une suivante, une fille de rien!
Séduite, beau malheur! parce que la donzelle
Est à la reine , et vient de Neubourg avec elle ,
Que cette créature a pleuré contre moi ,
Et traîné son enfant dans les chambres du roi ;
Ordre de l'épouser. Je refuse. On m'exile!
On m'exile! Et vingt ans d'un labeur difiBcile,
Vingt ans d'ambition, de travaux nuit et jour;
Le président haï des alcades de cour,
Dont nul ne prononçait le nom sans épouvante;
Le chef de la maison de Bazan , qui s'en vante ;
Mon crédit, mon pouvoir, tout ce que je rêvais,
Tout ce que je faisais et tout ce que j'avais,
Charge, emplois, honneurs, tout en un instant s'écroule
Au milieu des éclats de rire de la foule !
GUDIEL.
Nul no le sait encor. monseigneur.