‹ Théâtre de Victor Hugo. 3e sérieChapitre 49 sur 208 · ACTE 1, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE II

Avec vos compagnons à toute loi rebelles,

D'avoir ouvert sans clef la caisse des gabelles. .'".-* -

DON CÉSAR

Je ne dis pas. — La France est pays ennemi.

DON SALLUSTE

En Flandre, rencontrant dom Paul Barthélémy, Lequel portait à Mons le produit d'un vignoble Qu'il venait de toucher pour le chapitrelnoble, Vous avez mis la main sur l'argent du clergé.

DON CÉSAR

En Flandre? — il se peut bien. J'ai beaucoup voyagé.

— Est-ce tout ?

Don César, la sueur de la honte , Lorsque je pense à vous, à la face me monte.

DON CÉSAR

Bon. Laissez-la monter.

DON SALLUSTE

Notre famille...

DON CÉSAR

Non .

Car vous seul à Madrid connaissez mon vrai nom. Ainsi ne parlons pas famille I

DON SALLUSTE

Une marquise Me disait l'autre jour en sortant de l'église :

— Quel est donc ce brigand qui, là-bas, nez au vent , Se carre, l'œil au guet et la hanche en avant,

Plus délabré que Job et plus fier que Bragance ,

Drapant sa gueuserie avec son arrogance,

Et qui , froissant du poing, sous sa manche en haillons .

L'épée à lourd pommeau qui lui bat les talons,

Promène, d'une mine altière et magistrale,

Sa cape (mi dents de scie et ses bas en spirale ".'

8G RLÏ ULAS.

DO.N CÉSAR, jetant un coup d'œil sur sa tuilette. Vous avez répondu ; C'est ce cher Zafari !

Non ; j'ai rougi , monsieur !

DON CÉSAR

Eh bien 1 la dame a ri.

Voilà. J'aime beaucoup faire rire les femmes.

DON SALLUSTE

Vous n'allez fréquentant que spadassins infâmes !

DON CÉSAR

Des clercs! des écoliers doux comme des moutons!

DON SALLUSTE

Partout on vous rencontre avec des Jeannetons !

DON CÉSAR

0 Lucindes d'amour ! ô douces Isabelles î Hé bien! sur votre compte on en entend de belles ! Quoi ! l'on vous traite ainsi , beautés à l'œil mutin , A qui je dis le soir mes sonnets du matin !

DON SALLUSTE

Enfin , Matalobos , ce voleur de Galice Qui désole Madrid malgré notre police , 11 est de vos amis !

DON CÉSAR

Raisonnons, s'il vous plait, Sans lui j'irais tout nu, ce qui serait fort laid. Me voyant sans habit, dans la rue, en décembre, La chose le toucha. — Ce fat parfumé d'ambre, Le comte d'Albe, à qui l'autre mois fut volé Son beau pourpoint de soie...

Eh bien '?

DON CÉSAR

C'est moi qui l'ai.

Matalobos me l'a donné.

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