ACTE II, SCENE II
Elle se lève et fait quelques pas vers la table, puis s'arrête, puis enfin se précipite sur la lettre, comme cédant à une attraction irrésistible.
Oui , je vais la relire
Une dernière fois! Après, je la déchire!
Avec un sourire triste.
Hélas! depuis un mois je dis toujours cela.
Elle déplie la lettre résolument et lit.
« Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là » Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile, » Qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile; » Qui pour vous donnera son ame, s'il le faut ; » Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut. »
Elle pose la lettre sur la table.
Quand l'âme a soif, il faut qu'elle se désaltère, Fût-ce dans du poison!
Elle remet la lettre et la dentelle dans sa poitrine.
Je n'ai rien sur la terre.
Mais enfin il faut bien que j'aime quelqu'un , moi i Oh! s'il avait voulu, j'aurais aimé le roi. Mais il me laisse ainsi, — seule, — d'amour privée.
La grande porte s'ouvre à deux battants. Entre un huissier de chambre en grand costume.
l'huissier, à haute voix.
Une lettre du roi !
LA REINE, comme réveillée en sursaut, avec un cri de joie.
Du roi ! je suis sauvée î