‹ Théâtre de VoltaireChapitre 10 sur 339 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LA BARONNE

Vit-on jamais une telle aventure!

Peut-on sentir une plus vive injure; Plus lâchement se voir sacrifier!

Le comte Olban rival d'un jardinier !

(à un laquais.)

Holà ! quelqu'un ! Qu'on appelle Nanine. C'est mon malheur qu'il faut que j'examine. Ou pourrait-elle avoir pris l'art flatteur, L'art de séduire et de garder un cœur, L'art d'allumer un feu vif et qui dure ? Où? dans ses yeux, dans la simple nature. Je crois pourtant que cet indigne amour N'a point encore osé se mettre au jour. J'ai vu qu'Olban se respecte avec elle ; Ah ! c'est encore une douleur nouvelle; J'espérerais s'il se respectait moins.

D'un amour vrai le traître a tous les soins. Ah ! la voici : je me sens au supplice.

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