‹ Théâtre de VoltaireChapitre 112 sur 339 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

ELECTRE

Loin de leur pardonner, on nous défend la plainte; Quand je parle d'Oresle, on redouble ma erainte. Je connais trop Egisthe et sa férocité; Et mon frère est perdu, puisqu'il est redouté.

CLYTEMNESTRE

Votre frère est vivant, reprenez l'espérance ; Mais s'il est en danger, c'est par votre imprudence. Modérez vos fureurs, et sachez aujourd'hui, Plus humble en vos chagrins, respecter mon ennui. Vous pensez que je viens, heureuse et triomphante, Conduire dans la joie une pompe éclatante: Electre, cette fête est un jour de douleur; Vous pleurez dans les fers; et moi, dans ma grandeur. Je sais quels vœux forma votre haine insensée. N'implorez plus les dieux; ils vous ont exaucée, Laissez-moi respirer.

Page 1