‹ Théâtre de VoltaireChapitre 115 sur 339 · ACTE r, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE r, SCÈNE V

ÉGISTHF.

Laissez gémir Iphise, et vous ressouvenez Qu'après tous nos affronts, trop long-temps pardonnes, L'impétueuse Electre a mérité l'outrage Dont j'humilie enfin cet orgueilleux courage. Je la traîne enchaînée, et je ne prétends pas Que, de ses cris plaintifs alarmant mes états, • Dans Argos désormais sa dangereuse audace Ose des dieux sur nous rappeler la menace , D'Oreste aux mécontents promettre le retour. On n'en parle que trop; et, depuis plus d'un jour, Partout le nom d'Oreste a blessé mon oreille; Et ma juste colère à ce bruit se réveille.

CLYTEMNESTRE

Quel nom prononcez-vous? tout mon cœur en frémit. Ou prétend qu'en secret un oracle a prédit Qu'un jour, en ce lieu même ou mon destin me guide, Il porterait sur nous une main parricide. Pourquoi tenter les dieux? pourquoi vous présenter Aux cou ps qu'il vous faut craindre, et qu'on peut éviter?

ÉGISTHE

Ne craignez rien d'Oreste, il est vrai qu'il respire; Mais, loin que dans le piège Oreste nous attire, Lui-même à ma poursuite il ne peut échapper. Déjà de toutes parts j'ai su l'envelopper. Errant et poursuivi de rivage en rivage, Il promène en tremblant son impuissante rage ; Aux forêts d'Epidaure il s'est enfin caché. D'Epidaure en secret le roi m'est attaché. Plus que vous ne pensez on prend notre défense.

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