‹ Théâtre de VoltaireChapitre 130 sur 339 · OUEST E · texte numérisé non relu

OUEST E

Hélas! que fait Electre?

PAMMÈNE.

Elle croit votre mort; Elle pleure.

Ah! grands dieux qui conduisez mon sort, Quoi ! vous ne voulez pas que ma bouche affligée Console de mes sœurs la tendresse oirtragée ! Quoi ! toute ma famille, en ces lieux abhorrés , Est un sujet de trouble à mes sens déchirés !

P A. M MÈNE

Obéissons aux dieux.

Que cet ordre est sévère !

PAMMÈNE.

Ne vous en plaignez point ; cet ordre est salutaire : La vengeance est pour eux. Ils ne prétendent pas Qu'on touche à leur ouvrage , et qu'on aide leur bras : Electre vous nuirait, loin de vous être utile; Son caractère ardent , son courage indocile , Incapable de feindre et de rien ménager, Servirait à vous perdre, au lieu de vous venger.

o RESTE.

Mais quoi ! les abuser par cette feinte horrible?

PAMMÈNE.

N'oubliez point ces dieux , dont le secours sensible Vous a rendu la vie au milieu du trépas. Contre leurs volontés si vous faites un pas, Ce moment vous dévoue à leur haine fatale : Tremblez, malheureux fils d'Atrée et de Tantale ,

I C)ti ORESTE.

Tremblez de voir sur vous, en ces lieux détestes , Tomber tous ies fléaux du sang dont vous sortez.

Pourquoi nous imposer, par des lois inhumaines, Et des devoirs nouveaux, et de nouvelles peines? Les mortels malheureux n'en ont-ils pas assez? Sous des fardeaux sans nombre ils vivent terrassés. A quel prix, dieux puissants, avons-nous reçu l'être? N'importe, est-ce à l'esclave à condamner son maître ? Obéissons, Pammène.

P A M MÈNE

Il le faut, et je cours Eblouir le barbare armé contre vos jours. Je dirai qu'aujourd'hui le meurtrier d'Oreste Doit remettre en ses mains cette cendre funeste.

Allez donc. Je rougis même de le tromper.

PAMMÈNE.

Aveuglons la victime, afin de la frapper.

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