SCÈNE IV
ELECTRE, lPHISE,duncô.é;ORESTE, PYLADE,
de l'autre , avec les esclaves qui portent l'urne et l'épée. ELECTRE.
L'espérance trompée accable et décourage. Un seul mot de Pammène a fait évanouir Ces songes imposteurs dont vous osiez jouir. Ce jour faible et tremblant, qui consolait ma vue, Laisse une borrible nuit sur mes yeux répandue. Ali! la vie est pour nous un cercle de douleur!
O R E S T E , à Pylade.
Tu vois ces deux objets ; ils m'arrachent le cœur.
PYLADE
Sous les lois des tyrans, tout gémit, tout s'attriste.
La plainte doit régner dans l'empire d'Egisthe.
I P H I S E , à Electre.
Voilà ces étrangers.
ELECTRE
Présages douloureux!
Le nom d'Egisthe, 6 ciel ! est prononcé par eux.
1 ph ise.
L'un d'eux est ce héros dont les traits m'ont frappée.
aOO OR ESTE.
Hélas î ainsi que vous j'aurais été trompée.
( à Oreste. )
Eh! qui donc êles-vous, étrangers malheureux? Que venez-vous chercher sur ce rivage affreux?
oreste. *
Nous attendons ici les ordres, la présence, Du roi qui tient Argos sous son obéissance.
ÉLECTR E.
Qui ? du roi ! quoi ! des Grecs osent donner ce nom Au tyran qui versa le sang d'Agamemnon!
PYLADE
Il règne; c'est assez, et le ciel nous ordonne
Que , sans peser ses droits , nous respections son trône.
ELECTRE
Maxime horrible et lâche! Eh ! que demandez-vous Au monstre ensanglanté qui règne ici sur nous?
PYLA.DE.
Nous venons lui porter des nouvelles heureuses.
ELECTRE
Ejles sont donc pour nous inhumaines, affreuses?
IPHISE, en voyant l'urne.
Quelle est cette urne, hélas ! 6 surprise ! d douleurs!
PYLADE
Oreste ! ah dieux! il est mort; je me meurs.
ORESTE, à Pylade.
Qu'avons-nous fait, ami? peut-on les méconnaître A l'excès des douleurs que nous voyons paraître? Tout mon sang se soulève. Ah , princesse ! ah ! vivez