‹ Théâtre de VoltaireChapitre 138 sur 339 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

ORESTE, PYLADE

Va, tu verras Oreste à tes pompes cruelles; Va, j'ensanglanterai la fête où tu m'appelles.

PYLADE

Dans tous ces entretiens que je tremble pour vous ! Je crains votre tendresse, et plus votre courroux; Dans ses émotions je vois votre ame altière, A l'aspect du tyran , s'élançant tout entière ; Tout prêt de l'insulter, tout prêt de vous trahir ; Au nom d'Agamemnon vous m'avez fait frémir.

Ah! Clytemnestre encor trouble plus mon courage. Dans mon cœur déchiré quel douloureux partage! As-tu vu dans ses yeux, sur son front interdit, Les combats qu'en son ame excitait mon récit? Je les éprouvais tous; ma voix était tremblante» Ma mère en me voyant s'effraie et m'épouvante. Le meurtre de mon père, et mes sœurs à venger, Un barbare à punir, la reine à ménager, Electre, son tyran; mon sang qui se soulève; Que de tourments secrets ! 6 dieu terrible, achève ! Précipite un moment trop lent pour ma fureur, Ce moment de vengeance , et que prévient mon cœur! Quand pourra i-je servir ma tendresse et ma haine ,

Théâtre. V. 14

Mêler le sang d'Egisthe aux cendres de Plistène, Immoler ce tyran , le montrer à ma sœur Expirant sous mes coups, pour la tirer d'erreur?

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