‹ Théâtre de VoltaireChapitre 140 sur 339 · ACTF III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTF III, SCENE VIII

Egisthe, avec la reine en secret renfermé , Écoute ce récit, qui n'est pas confirmé; Et c'est ce que j'apprends d'un serviteur fidèle, Qui, pour le sang des rois comme moi plein de zèle , Gémissant et caché, traîne encor ses vieux ans Dans un service ingrat à la cour des tyrans.

o RESTE.

De la vengeance au moins j'ai goûté les prémices; Mes mains ont commencé mes justes sacrifices : Les dieux permettront-ils que je n'achève pas ? Cher Pylade, est-ce en vain qu'ils ont armé mon bras? Par des bienfaits trompeurs exerçant leur colère , M'ont-ils donné le fils, pour me livrer au père? Marchons; notre péril doit nous déterminer: Qui ne craint point la mort est sûr de la donner. Avant qu'un jour plus grand puisse éclairer sa rage, Je veux de ce moment saisir tout l'avantage.

P A M MÈNE

Eh bien ! il faut paraître; il faut vous découvrir A ceux qui pour leur roi sauront du moins mourir : Il en est, j'en réponds, cachés dans ces asiles; Plus ils sont inconnus, plus ils seront utiles.

PYLADE

Allons; et si les noms d'Oreste et de sa sœur,

Si l'indignation contre l'usurpateur,

Le tombeau de ton père, et l'aspect de sa cendre ,

Les dieux qui t'ont conduit, ne peuvent te défendre,

S'il faut qu'Oreste meure en ces lieux abhorrés ,

Je t'ai voué mes jours , ils te sont consacrés.

Ol 12 GRESTE,

Nous périrons unis; c'est l'espoir qui me reste; Pylade à tes cotés mourra digne d'Oreste.

Ciel ! ne frappe que moi; mais daigne, en ta pitié 9 Protéger son courage, et servir l'amitié.

FIN DU TROISIÈME ACTE

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