‹ Théâtre de VoltaireChapitre 147 sur 339 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ELECTRE , dans le fond ; ORESTE , d'un autre coté. ORESTE.

Où suis-je? C'est ici qu'on adressa mes pas. O ma patrie ! 6 terre à tous les miens fatale ! Redoutable berceau des enfants de Tantale , Famille des héros et des grands criminels, Les malheurs de ton sang seront-ils éternels? L'horreur qui règne ici m'environne et m'accable. De quoi suis-je puni? de quoi suis-je coupable? Au sort de mes aïeux ne pourrai-je échapper ?

ELECTRE, avançant un peu du fond du théâtre.

Qui m'arrête? et d'où vient que je crains de frapper? Avançons.

Quelle voix ici s'est fait entendre?

Père, époux malheureux, chère et terrible cendre, Est-ce toi qui gémis, ombre d'Agamemnon?

ELECTRE

Juste ciel ! est-ce à lui de prononcer ce nom29?

O malheureuse Electre!

ELECTRE

Il me nomme, il soupire!

Les remords en ces lieux ont-ils donc quelque empire?

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