‹ Théâtre de VoltaireChapitre 154 sur 339 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ELECTRE, IPHISE,

ÉLECTR E.

Que faut-il que j'espère?

Qu'a-t-on fait? Clytemnestre ose-t-elie être mère? Ah! si... Mais un tyran l'asservit aux forfaits. Peut-elle réparer les malheurs qu'elle a faits? En a-t-elle la force? en a-t-elle l'idée? Parlez. Désespérez mon ame intimidée; Achevez mon trépas.

IPHISE.

J'espère, mais je crains.

Egisthe a des avis, mais ils sont incertains; Il s'égare; il ne sait, dans son trouble funeste,

S'il tient entre ses mains le malheureux Oreste; Il n'a que des soupçons, qu'il n'a point éclaircis; Et Clytemnestre au moins n'a point nommé son fils. Elle le voit, l'entend; ce moment la rappelle Aux premiers sentiments d'une ame maternelle; Ce sang prêt à couler parle à ses sens surpris, Epouvantés d'horreur, et d'amour attendris. J'observais sur son front tout l'effort d'une mère, Qui tremble de parler, et qui craint de se taire. Elle défend les jours de ces infortunés , Destinés au trépas sitôt que soupçonnés; Aux fureurs d'un époux à peine elle résiste; Elle retient le bras de l'implacable Egisthe. Croyez-moi, si son fils avait été nommé, Le crime, le malheur, eût été consommé. Oreste n'était plus.

ELECTRE

O comble de misère !

Je le trahis peut-être en implorant ma mère. Son trouble irritera ce monstre furieux. La nature en tout temps est funeste en ces lieux. Je crains également sa voix et son silence. Mais le péril croissait; j'étais sans espérance. Que fait Pammène?

TPHISE.

Il a, dans nos dangers pressants, Ranimé la lenteur de ses débiles ans; L'infortune lui donne une force nouvelle; Il parle à nos amis? il excite leur zèle; Ceux même dont Egisthe est toujours entouré A ce grand nom d'Oreste ont déjà murmuré.

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