‹ Théâtre de VoltaireChapitre 158 sur 339 · C L Y T E M N E S T II E · texte numérisé non relu

C L Y T E M N E S T II E

Egisthe, c'en est trop; c'est trop braver peut-être Et la veuve et le sang, du roi qui fut ton maître. Je défendrai mon fils; et, malgré tes fureurs, Tu trouveras sa mère encor plus que ses sœurs. Que veux-tu? ta grandeur, que rien ne peut détruire, Oreste en ta puissance, et qui ne peut te nuire, Electre enfin soumise, et prête à te servir, lphise à tes genoux, rien ne peut te fléchir! „

l'5l ORESTE.

Va, de tes cruautés je fus assez complice; Je t'ai fait en ces lieux un trop grand sacrifice. Faut-il, pour t'affermir dans ce funeste rang, T'abandonner encor le plus pur de mon sang? N'aurai-je donc jamais qu'un époux parricide? L'un massacre ma fille aux campagnes d'Aulide ; L'autre m'arrache un fils, et l'égorgé à mes yeux, Sur la cendre du père, à l'aspect de ses dieux. Tombe avec moi plutôt ce fatal diadème, Odieux à la Grèce , et pesant à moi-même ! Je t'aimai, tu le sais, c'est un de mes forfaits; Et le crime subsiste ainsi que mes bienfaits. Mais enfin de mon sang mes mains seront avares : Je l'ai trop prodigué pour des époux barbares ; J'arrêterai ton bras levé pour le verser. Tremble, tu me connais... tremble de m'offenser. Nos nœuds me sont sacrés , et ta grandeur m'est chère ; Mais Oreste est mon fils ; arrête, et crains sa mère.

ELECTRE

Vous passez mon espoir. Non, madame, jamais Le fond de votre cœur n'a conçu les forfaits. Continuez, vengez vos enfants et mon père.

Vous comblez la mesure, esclave téméraire. Quoi donc ! d'Agamemnon la veuve et les enfants Arrêteraient mes coups par des cris menaçants ! Quel démon vous aveugle, 6 reine malheureuse? Et de qui prenez-vous la défense odieuse ? Contre qui? juste ciel !... Obéissez, courez : Que tous deux dans l'instant à la mort soient livrés-

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