‹ Théâtre de VoltaireChapitre 157 sur 339 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

1PHISE.

Seigneur, quoi! sa famille entière Perdrà-t-elle à vos pieds ses cris et sa prière?

(Elle se jette à ses pieds.)

Avec moi, chère Electre, embrassez ses genoux : Votre audace vous perd.

Où me réduisez-vous ?

Quel affront pour Oreste, et quel excès de honte! Elle me fait horreur... Eh bien ! je la surmonte. Eh bien ! j'ai donc connu la bassesse et l'effroi ! Je fais ce que jamais je n'aurais fait pour moi.

( Sans se mettre à genoux. )

Cruel ! si ton courroux peut épargner mon frère, (Je ne puis oublier le meurtre de mon père, Mais je pourrais du moins, muette à ton aspect, Me forcer au silence, et peut-être au respect;) Que je demeure esclave, et que mon frère vive.

ÉGISTHE

Je vais frapper ton frère, et tu vivras captive : Ma vengeance est entière ; au bord de son cercueil, Je te vois, sans effet, abaisser ton orgueil.

Page 1