‹ Théâtre de VoltaireChapitre 182 sur 339 · ACTE I, SCKNE II. 3o · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE II. 3o

- CATILIJVA.

Ah! je l'y veux forcer.

Dans ce piège sanglant je veux l'embarrasser. Mes soldats, en son nom, vont surprendre Préneste; Je sais qu'on le soupçonne, et je réponds du reste. Ce consul violent va bientôt l'accuser; Pour se venger de lui, César peut tout oser. Rien n'est si dangereux que César qu'on irrite; C'est un lion qui dort, et que ma voix excite. Je veux que Cicéron réveille son courroux, Et force ce grand homme à combattre pour nous 5.

Mais Nonnius enfin dans Préneste est le maître; Il aime la patrie, et tu dois le connaître : Tes soins pour le tenter ont été superflus. Que faut-il décider du sort de Nonnius?

C ATILÎNA.

Je t'entends; tu sais trop que sa fille m'est chère. Ami, j'aime Aurélie en détestant son père. Quand il sut que sa fille avait conçu pour moi6 Ce tendre sentiment qui la tient sous ma loi; Quand sa haine impuissante, et sa colère vaine, Eurent tenté sans fruit de briser notre chaîne; A cet hymen secret quand il a consenti , Sa faiblesse a tremblé d'offenser son parti. Il a craint Cicéron; mais mon heureuse adresse Avance mes desseins par sa propre faiblesse. J'ai moi-même exigé, par un serment sacré, Que ce nœud clandestin fût encore ignoré. Céthégus et Sura sont seuls dépositaires De ce secret utile à nos sanglants mystères.

3o8 ROME SAUVÉE.

Le palais d'Aurélie au temple nous conduit; C'est là qu'en sûreté j'ai moi-même introduit Les armes, les flambeaux, l'appareil du carnage. De nos vastes succès mon hymen est le gage. Yous m'avez bien servi; l'amour m'a servi mieux. C'est chez Nonnius même, à l'aspect de ses dieux, Sous les murs du sénat, sous sa voûte sacrée, Que de tous nos tyrans la mort est préparée.

(aux conjurés qui sont dans îe fond.)

Vous, courez dans Préneste, où nos amis secrets Ont du nom de César voilé nos intérêts; Que Nonnius surpris ne puisse se défendre. Vous, près du Capitole, allez soudain vous rendre. Songez qui vous servez, et gardez vos serments.

(à Céthégus. )

Toi , conduis d'un coup d'oeil tous ces grands mouvements.

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