CATILINA, CÉSAR
CATILINA
Eh bien ! César, eh bien ! toi de qui la fortune
Dès le temps de Sylla me fut toujours commune,
Toi dont j'ai présagé les éclatants destins,
Toi né pour être un jour le premier des Romains r
N'es-tu donc aujourd'hui que le premier esclave
Du fameux plébéien qui t'irrite et te brave?
Tu le hais, je le sais, et ton œil pénétrant
Voit pour s'en affranchir ce que Rome entreprend ;
Et tu balancerais, et ton ardent courage
Craindrait de nous aider à sortir d'esclavage!
Des destins de la terre il s'agit aujourd'hui,
Et César souffrirait qu'on les changeât sans lui !
Quoi! n'es-tu plus jaloux du nom du grand Pompée?
Ta haine pour Caton s'est-elle dissipée ?
N'es-tu pas indigné de servir les autels,
Quand Cicéron préside au destin des mortels,