‹ Théâtre de VoltaireChapitre 215 sur 339 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Armé les citoyens avec ordre placés.

J'interrogeais chez moi ceux qu'en ce trouble extrême ,

Aux yeux de Céthégus j'avais surpris moi-même.

Nonnius, mon ami, ce vieillard généreux,

Cet homme incorruptible, en ces temps malheureux,

Pour sauver Rome et vous, arrive de Préneste.

Il venait m'éclairer dans ce trouble funeste,

M'apprendre jusqu'aux noms de tous les conjurés,

Lorsque de notre sang deux monstres altérés,

A coups précipités frappent ce cœur fidèle ,

Et font périr en lui tout le fruit de mon zèle.

Il tombe mort; on court, on vole, on les poursuit;

Le tumulte, l'horreur, les ombres de la nuit,

Le peuple, qui se presse, et qui se précipite,

Leurs complices enfin favorisent leur fuite.

J'ai saisi l'un des deux qui, le fer à la main,

Egaré, furieux, se frayait un chemin :

Je l'ai mis dans les fers, et j'ai su que ce traître

Avait Catilina pour complice et pour maître.

(Cicéron s'assied avec le sénat.)

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