‹ Théâtre de VoltaireChapitre 216 sur 339 · LES MEMES, CATILI1NA · texte numérisé non relu

LES MEMES, CATILI1NA

(Catilina , debout entre Caton et César. Céthégus est auprès de César,

le sénat assis.)

CATILINA

Oui, sénat, j'ai tout fait, et vous voyez la main Qui de votre ennemi vient de percer le sein. Oui, c'est Catilina qui venge la patrie,

C'est moi qui d'un perfide ai terminé la vie.

CICÉROIV.

Toi, fourbe? toi, barbare?

CATON

Oses-tu te vanter?...

CÉSAR

Nous pourrons le punir, mais il faut l'écouter.

CÉTHÉGUS

Parle, Catilina, parle, et force au silence De tous tes ennemis l'audace et l'éloquence.

CICÉRON

Romains, où sommes-nous?

CATILINA

Dans les temps du malheur, Dans la guerre civile, au milieu de l'horreur, Parmi l'embrasement qui menace le monde, Parmi des ennemis qu'il faut que je confonde. Les neveux de Sylla , séduits par ce grand nom , Ont osé de Sylla montrer l'ambition 39. J'ai vu la liberté dans les cœurs expirante, Le sénat divisé, Rome dans l'épouvante, Le désordre en tous lieux, et surtout Cicéron Semant ici la crainte , ainsi que le soupçon. Peut-être il plaint les maux dont Rome est affligée: Il vous parle pour elle; et moi je l'ai vengée. Par un coup effrayant je lui prouve aujourd'hui Que Rome et le sénat me sont plus chers qu'à lui. Sachez que Nonnius était l'âme invisible, L'esprit qui gouvernait ce grand corps si terrible, Ce corps de conjurés qui, des monts Apennins, S'étend jusqu'où finit le pouvoir des Romains.

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