ACTE II, SCÈNE III. /j
J'ose à vos pieds attester vos aïeux... Hélas ! sur moi ne jetez point les yeux. Vous avez pris pitié de mon jeune âge; Formé par vous, ce cœur est votre ouvrage; Il en serait indigne désormais S'il acceptait le plus grand des bienfaits. Oui, je vous dois des refus. Oui, mon ame Doit s'immoler.
LE comte.
Non, vous serez ma femme.
Quoi ! tout-à-1'heure ici vous m'assuriez , Vous l'avez dit, que vous refuseriez Tout autre époux, fût-ce un prince.
N A NI NE
Oui, sans doute; Et ce n'est pas ce refus qui me coûte.
LE COMTE
Mais me haïssez-vous ?
N ANINE.
Aurais-je fui , Craindra is-je tant, si vous étiez haï ?
Ah ! ce mot seul a fait ma destinée.
Eh ! que prétendez-vous ?
LE COMTE
Notre hyménée
Songez..,
LE COMTE
Je songe à tout.
N ANINE.
Mais prévoyez...
LE COMTE
Tout est prévu...
Si vous m'aimez, croyez...
LE COMTE
Je crois former le bonheur de ma vie.
N ANINE.
Vous oubliez...
LE COMTE
Il n'est rien que j'oublie.
Tout sera prêt, et tout est ordonné...
Quoi! malgré moi votre amour obstiné...
LE COMTE
Oui, malgré vous, ma flamme impatiente Va tout presser pour cette heure charmante. Un seul instant je quitte vos attraits Pour que mes yeux n'en soient privés jamais. Adieu , Nanine , adieu , vous que j'adore.