‹ Théâtre de VoltaireChapitre 25 sur 339 · ACTE II, SCÈNE III. /j · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. /j

J'ose à vos pieds attester vos aïeux... Hélas ! sur moi ne jetez point les yeux. Vous avez pris pitié de mon jeune âge; Formé par vous, ce cœur est votre ouvrage; Il en serait indigne désormais S'il acceptait le plus grand des bienfaits. Oui, je vous dois des refus. Oui, mon ame Doit s'immoler.

LE comte.

Non, vous serez ma femme.

Quoi ! tout-à-1'heure ici vous m'assuriez , Vous l'avez dit, que vous refuseriez Tout autre époux, fût-ce un prince.

N A NI NE

Oui, sans doute; Et ce n'est pas ce refus qui me coûte.

LE COMTE

Mais me haïssez-vous ?

N ANINE.

Aurais-je fui , Craindra is-je tant, si vous étiez haï ?

Ah ! ce mot seul a fait ma destinée.

Eh ! que prétendez-vous ?

LE COMTE

Notre hyménée

Songez..,

LE COMTE

Je songe à tout.

N ANINE.

Mais prévoyez...

LE COMTE

Tout est prévu...

Si vous m'aimez, croyez...

LE COMTE

Je crois former le bonheur de ma vie.

N ANINE.

Vous oubliez...

LE COMTE

Il n'est rien que j'oublie.

Tout sera prêt, et tout est ordonné...

Quoi! malgré moi votre amour obstiné...

LE COMTE

Oui, malgré vous, ma flamme impatiente Va tout presser pour cette heure charmante. Un seul instant je quitte vos attraits Pour que mes yeux n'en soient privés jamais. Adieu , Nanine , adieu , vous que j'adore.

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