‹ Théâtre de VoltaireChapitre 250 sur 339 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ZAMTI, ÉTAN.

ET AN

Seigneur, votre pitié ne peut le conserver.

Ne songez qu'à l'état, que sa mort peut sauver:

Pour le salut du peuple il faut bien qu'il périsse 9.

ZAMTI.

Oui... je vois qu'il faut faire un triste sacrifice. Ecoute : cet empire est-il cher à tes yeux ? Reconnais-tu ce dieu de la terre et des cieux, Ce dieu que sans mélange annonçaient nos ancêtres, Méconnu par le bonze, insulté par nos maîtres?

ÉTAN.

Dans nos communs malheurs il est mon seul appui : Je pleure la patrie, et n'espère qu'en lui.

Jure ici par son nom , par sa toute-puissance ,

Que tu conserveras dans l'éternel silence

Le secret qu'en ton sein je dois ensevelir.

Jure-moi que tes mains oseront accomplir

Ce que les intérêts et les lois de l'empire,

Mon devoir, et mon dieu , vont par moi te prescrire.

ÉTAN.

Je le jure, et je veux, dans ces murs désolés, Voir nos malheurs communs sur moi seul assemblés, Si, trahissant vos vœux, et démentant mon zèle, Ou ma bouche ou ma main vous était infidèle.

ZAMTI.

Allons, il ne m'est plus permis de reculer.

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