ACTE II, SCÈNE II. l
ÉTAN.
Les tombeaux de ses pères Cachent à nos tyrans sa vie et ses misères. Il vous devra des jours pour souffrir commencés; Présent fatal , peut-être !
ZAMTI.
Il vit : c'en est assez.
O vous, à qui je rends ces services fidèles ! O mes rois ! pardonnez mes larmes paternelles.
ÉTAN.
Osez-vous en ces lieux gémir en liberté?
ZAMTI.
Où porter ma douleur et ma calamité ?
Et comment désormais soutenir les approches, Le désespoir, les cris, les éternels reproches, Les imprécations d'une mère en fureur ? Encor, si nous pouvions prolonger son erreur !
ÉTAN.
On a ravi son fils dans sa fatale absence : A nos cruels vainqueurs on conduit son enfance ; Et soudain j'ai volé pour donner mes secours Au royal orphelin dont on poursuit les jours.
z A M TI.
Ah ! du moins, cher Etan , si tu pouvais lui dire Que nous avons livré l'héritier de l'empire, Que j'ai caché mon fils, qu'il est en sûreté ! Imposons quelque temps à sa crédulité.
Hélas ! la vérité si souvent est cruelle ! On l'aime; et les humains sont malheureux par elle io. Allons... ciel! elle-même approche de ces lieux; La douleur et la mort sont peintes dans ses yeux.
4^6 l'orphelin de la chine.