‹ Théâtre de VoltaireChapitre 255 sur 339 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ZAMTI, IDAMÉ.

IDAMÉ

Qu'ai-je vu? Qu'a-t-on fait? barbare, est-il possible? L'avez-vous commandé ce sacrifice horrible? Non, je ne puis le croire; et le ciel irrité N'a pas dans votre sein mis tant de cruauté. Non, vous ne serez point plus dur et plus barbare Que la loi du vainqueur, et le fer du Tartare. Vous pleurez, malheureux !

Z AMTl.

Ah ! pleurez avec moi ; Mais avec moi songez à sauver votre roi.

IDAMÉ

Que j'immole mon fils !

ZAMTI.

Telle est notre misère :

Vous êtes citoyenne avant que d'être mère.

IDAMÉ

Quoi ! sur toi la nature a si peu de pouvoir !

Elle n'en a que trop, mais moins que mon devoir; Et je dois plus au sang de mon malheureux maître, Qu'à cet enfant obscur à qui j'ai donné l'être.

IDAMÉ

Non, je ne connais point cette horrible vertu. J'ai vu nos murs en cendre, et ce trône abattu; J'ai pleuré de nos rois les disgrâces affreuses;

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