‹ Théâtre de VoltaireChapitre 264 sur 339 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Rassurez-vous; sortez de cet effroi pressant...

Ma surprise, madame , est égale à la vôtre...

Le destin qui fait tout nous trompa l'un et l'autre.

Les temps sont bien changés: mais si l'ordre des cieux

D'un habitant du Nord, méprisable à vos yeux,

A fait un conquérant sous qui tremble l'Asie,

Ne craignez rien pour vous, votre empereur oublie

Les affronts qu'en ces lieux essuya Témugin.

J'immole à ma victoire , à mon trône, au destin,

Le dernier rejeton d'une race ennemie :

Le repos de l'état me demande sa vie;

Il faut qu'entre mes mains ce dépôt soit livré.

Votre cœur sur un fils doit être rassuré ;

Je le prends sous ma garde.

IDAMÉ

A peine je respire.

GENGIS

Mais de la vérité, madame, il faut m'instruire :

Quel indigne artifice ose-t-on m'opposer ?

De vous , de votre époux , qui prétend m'imposer ?

IDAMÉ

Ah ! des infortunés épargnez la misère.

GENGIS

Vous savez si je dois haïr ce téméraire.

IDAMÉ

Vous , seigneur !

GENGIS

J'en dis trop , et plus que je ne veux.

IDAMÉ

Ah ! rendez-moi , seigneur, un enfant malheureux :

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