‹ Théâtre de VoltaireChapitre 265 sur 339 · LORPHELIN DE LA CHINE · texte numérisé non relu

LORPHELIN DE LA CHINE

Vous me l'avez promis ; sa grâce est prononcée.

GENGIS

Sa grâce est dans vos mains : ma gloire est offensée, Mes ordres méprisés, mon pouvoir avili; En un mot, vous savez jusqu'où je suis trahi. C'est peu de m'enlever le sang que je demande, De me désobéir alors que je commande; Vous êtes dès long-temps instruite à m'outrager : Ce n'est pas d'aujourd'hui que je dois me venger. Votre époux!... ce seul nom le rend assez coupable. Quel est donc ce mortel, pour vous si respectable ? Qui sous ses lois, madame, a pu vous captiver? Quel est cet insolent qui pense me braver? Qu'il vienne,

Mon époux , vertueux et fidèle , Objet infortuné de ma douleur mortelle, Servit son dieu, son roi , rendit mes jours heureux.

GENGIS

Qui !... lui? Mais depuis quand formâtes-vous ces nœuds?

IDAMÉ

Depuis que loin de nous le sort, qui vous seconde ? Eut entraîné vos pas pour le malheur du monde.

GENGIS

J'entends; depuis le jour que je fus outragé, Depuis que de vous deux je dus être vengé, Depuis que vos climats ont mérité ma haine.

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