ACTE IV, SCENE V
Cher époux, dans mes mains quand je tiens votre sort , Ma voix, sans balancer, vous condamne à la mort!
Ah ! reprenez plutôt cet empire suprême Qu'aux beautés, aux vertus, attacha le ciel même; Ce pouvoir, qui soumit ce Scythe furieux Aux lois de la raison qu'il lisait dans vos yeux. Long-temps accoutumée à dompter sa colère, Que ne pouvez-vous point, puisque vous savez plaire !
Dans l'état où je suis c'est un malheur de plus.
Vous seule adouciriez le destin des vaincus : Dans nos calamités, le ciel, qui vous seconde, Veut vous opposer seule à ce tyran du monde : Vous avez vu tantôt son courage irrité Se dépouiller pour vous de sa férocité. 11 aurait dû cent fois, il devrait même encore, Perdre dans votre époux un rival qu'il abhorre; Zamti pourtant respire après l'avoir bravé; A son épouse encore il n'est point enlevé. On vous respecte en lui; ce vainqueur sanguinaire Sur les débris du monde a craint de vous déplaire. Enfin, souvenez-vous que, dans ces mêmes lieux, Il sentit, îe premier, le pouvoir de vos yeux : Son amour autrefois fut pur et légitime.