‹ Théâtre de VoltaireChapitre 286 sur 339 · ACTE V, SCÈNE IV. /\6i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. /\6i

Du rejeton des rois l'enfance condamnée, Votre époux, qu'à la mort un mot peut arracher, Les honneurs les plus hauts tout prêts à le chercher, Le destin de son fils, le votre, le mien même, Tout dépendra de vous, puisque enfin je vous aime. Oui, je vous aime encor; mais ne présumez pas D'armer contre mes vœux l'orgueil de vos appas; Gardez-vous d'insulter à l'excès de faihlesse Que déjà mon courroux reproche à ma tendresse. C'est un danger pour vous que l'aveu que je fais : Tremblez de mon amour, tremblez de mes bienfaits. Mon aine à la vengeance est trop accoutumée; Et je vous punirais de vous avoir aimée. Pardonnez : je menace encore en soupirant; Achevez d'adoucir ce courroux qui se rend : Vous ferez d'un seul mot le sort de cet empire; Mais ce mot important, madame, il faut le dire : Prononcez sans tarder, sans feinte, sans détour, Si je vous dois enfin ma haine ou mon amour.

L'une et l'autre aujourd'hui serait trop condamnable; Votre haine est injuste, et votre amour coupable; Cet amour est indigne et de vous et de moi : Vous me devez justice; et si vous êtes roi, Je la veux, je l'attends pour moi contre vous-même. Je suis loin de braver votre grandeur suprême; Je la rappelle en vous, lorsque vous l'oubliez; Et vous-même en secret vous me justifiez.

gejvgis.

Eh bien ! vous le voulez; vous choisissez ma haine, Vous l'aurez; et déjà je la retiens à peine :

470 l'orphelin de la chine.

Je ne vous connais plus ; et mon juste courroux Me rend la cruauté que j'oubliais pour vous. Votre époux, votre prince, et votre fils, cruelle, Vont payer de leur sang votre fierté rebelle. Ce mot que je voulais les a tous condamnés ; C'en est fait , et c'est vous qui les assassinez.

IDAMÉ

Barbare !

GENGIS

Je le suis ; j'allais cesser de l'être : Vous aviez un amant, vous n'avez plus qu'un maître, Un ennemi sanglant , féroce, sans pitié, Dont la baine est égale à votre inimitié.

IDAMÉ

Eb bien ! je tombe aux pieds de ce maître sévère : Le ciel l'a fait mon roi; seigneur, je le révère: Je demande à genoux une grâce de lui.

GENGIS

Inhumaine, est-ce à vous d'en attendre aujourd'hui? Levez-vous : je suis prêt encore à vous entendre. Pourrai-je me flatter d'un sentiment plus tendre? Que voulez-vous? parlez.

IDAMÉ

Seigneur, qu'il soit permis Qu'en secret mon époux près de moi soit admis , Que je lui parle.

GENGIS

Vous !

Écoutez ma prière.

Cet entretien sera ma ressource dernière :

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