DE LORPHELIN DE LA CHINE
même prix. Un jour, on lui demandait ce que c'était que les vapeurs dont il se plaignait : « C'est une terrible maladie , ré- « pondit-il; elle fait voir les choses telles qu'elles sont. »* C'est dans ce même sens que ces vers de Zamti sont vrais. K.
11 «Id cinerem aut mânes credis curare scpultos*»
Virg. JEn. IV, 34-
12 Voltaire, dans son Commentaire sur Corneille, dit que les marques , pour rimer à monarques , ne doivent jamais paraître dans la poésie. Voyez tome XXXV, pages 3oi, 535, 53g; et tome XXXVI, pages 45 , 125 , 157. B.
13 « Quisque suos patimur mânes. »
Virg. ./En. VI, 743.
T4 « Nec nos obniti contra , neque tendere tantum
« Sufficimus : superat quoniam fortuna , sequamur. »
Virg. TEn. V, 21.
ï5 Éditions de 1755 :
Comblez-en les horreurs , trahissez à-la-fois Et le ciel et l'empire et le sang de vos rois.
16 On était accoutumé sur notre théâtre à voir des sujets immoler leurs enfants pour sauver ceux de leurs rois; et l'on fut étonné d'entendre dans X Orphelin le cri de la nature. Zamti ne devait pas sacrifier son fils pour le fds de l'empereur. Un particulier, une nation même n'a pas le droit de livrer un innocent à la mort pour des vues d'utilité politique. Mais Zamti , en immolant son fils unique, fesait, à ce qu'il regardait comme son devoir, le sacrifice le plus grand qu'un homme puisse faire. En sacrifiant un étranger, il n'eût été qu'odieux; en sacrifiant son fils, il est intéressant, quoique injuste. K.
!7 On peut comparer cette situation à celle de Clytemnestre. Observons que, dans Iphigénie, un père égorge sa fille pour faire changer le- vent; qu'aucun personnage dans la pièce ne s'élève contre cet absurde fanatisme ; que Clytemnestre trouve qu'il serait plus naturel d'immoler la fille d'Hélène, puisque enfin c'est Hélène qui est coupable : tant les idées superstitieuses qu'on a reçues dans l'enfance familiarisent les hommes avec les principes les plus
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absurdes non seulement des superstitions régnantes , mais même des superstitions qui n'existent plus. K.
18 On lit dans des éditions de Duchesne :
Ces prodiges des arts , consacrés par les temps , Échappés aux fureurs des flammes , du pillage.
Voltaire lui-même a signalé cette version comme défectueuse. Voyez tome II, page 2 ; et tome VIII, XJvis an lecteur, mis à la suite des Scythes. B.
*9 On a pendant quelque temps retranché ces huit vers. La police de Paris ne voulait pas que Gengis apprît aux Parisiens qu'il lui était utile de laisser aux Chinois certaines erreurs qui entraînaient leur docilité. K.
20 On peut comparer cette situation de Gengis à celle d'Auguste, et ces vers de X Orphelin à ceux-ci de Cinna :
Et comme notre esprit jusqu'au dernier soupir Toujours vers quelque objet pousse quelque désir, Il se ramène en soi n'ayant plus où se prendre ; Et , monté sur le faite , il aspire à descendre.
Rien ne forme plus le goût, comme le remarque M. de Voltaire, que ces comparaisons , lorsque surtout deux hommes d'un génie égal , mais très différent, ont à exprimer un même fond d'idées, dans des circonstances et avec des accessoires qui ne sont pas les mêmes. Ici l'un peint un tyran, et la satiété d'une ame épuisée par des passions violentes; et l'autre peint un conquérant, et le vide d'un cœur qui a conservé sa sensibilité et son énergie. K.
31 Egée dit à Églé, dans l'opéra de Thésée (1,8):
C'est peut-être un peu tard m'offrir à vos beaux yeux : Je ne suis plus au temps de l'aimable jeunesse ; Mais je suis roi, belle princesse, Et roi victorieux.
22 A ce vers les comédiens avaient substitué : Mon devoir et ma loi sont au-dessus de vous.
Voltaire désapprouve ce changement dans sa lettre à mademoiselle Clairon , du 8 octobre 1 7 55. B.
DE L'ORPHELIN DE LA CHINE. /^Sl
*3 Dans les premières éditions, immédiatement après ce vers, on lisait :
Remplissons de nos rois les ordres absolus : Je leur donnai mon fils ; je leur donne encor plus. Libre par mon trépas , va fléchir un Tartare ; Passe sur mon tombeau dans les bras d'un barbare.
A quelques mots près, ces vers se retrouvent plus bas. *4 Les premières éditions :
Tu serviras de mère à ton roi malheureux.
25 Éditions de 1755 :
et qui t'aime ?
Crois-moi , le juste ciel daigne mieux m'inspirer; Je puis sauver mon roi sans nous déshonorer. Soit amour, etc.
26 Dans sa lettre à mademoiselle Clairon, du ib octobre iy55, Voltaire rapporte quatre vers que cette actrice récitait à la fin du quatrième acte , et qu'il la prie de supprimer. B.
27 Editions de 1755 :
Je l'apprends; je vous dois cette grandeur suprême.