DE VORPHELIN DE LA CHINE
1 On peut comparer ces vers à ceux que dit Aricie dans la Phèdre de Racine :
Phèdre en vain s'honorait des soupirs de Thésée: Pour moi je suis plus fière, et fuis la gloire aisée D'arracher un hommage à mille autres offert, Et d'entrer dans un cœur de toutes parts ouvert; Mais de faire fléchir un courage inflexible, De porter la douleur dans une ame insensible , D'enchaîner un captif de ses fers étonné , Contre un joug qui lui plaît vainement mutiné ; C'est là ce que je veux , c'est là ce qui m'irrite. Hercule à désarmer coûtait moins qu'Hippolyte ; El vaincu plus souvent, et plus tôt surmonté, Préparait moins de gloire aux yeux qui l'ont dompté.
Quelle différence entre la coquetterie bourgeoise d' Aricie, qui se plaît à porter la douleur dans une ame insensible , et le noble orgueil d'Idamé, qui tire une vanité secrète d'adoucir ce lion dans ses fers arrêté , et d'instruire aux 'vertus son féroce courage !
Comment l'habitude avait-elle pu familiariser Racine avec le goût d'une galanterie ridicule, au point d'introduire dans une tragédie une princesse qui préfère un jeune héros à Hercule, parceque Hercule préparait moins de gloire aux jeux qui l'avaient dompté? Idamé ne parle point de la gloire de ses yeux. Un rejus a causé les malheurs de la terre.
2 « . . . . Fuimus Troes , fuit Ilium et ingens « Gloria Teucrorum. . . .
« . . . . Incensa Danai dominantur in urbe. »
Vins. JEn. lib. II, v. 325.
Tout ce récit est imité du passage indiqué dans Virgile. Voyez encore dans le même, liv. V, 36i, 5oo, etc.
3 Voltaire avait employé ce mot dans son Épitre à lira nie (voyez tome XÏI ), où il dit :
Amérique, vastes contrées, Peuples que Dieu fit naître aux portes du soleil, Vous , nations hyperborées. B.
4 Dans les éditions de 1755 , Zamti continue ainsi son récit :
Le pillage et le meurtre environnaient ces lieux. Ce prince infortuné , etc. B.
5 Toutes les éditions données du vivant de l'auteur portent alfanges. Les éditeurs de Kehl ont mis, peut-être sans autorité, comme cela leur est arrivé quelquefois, phalanges. Les mots al-
Janges et phalanges ne sont pas synonymes. Alfange est un mot espagnol qui signifie sabre , coutelas , poignard; il a été employé par Corneille ( Cid , acte IV, scène 3 ) , dans le sens d'épée. B.
6 « Campestres melius Scythœ
« Quorum plaustra vagas rite trahunt domos
« Vivunt , et rigidi Getae , « Immetata quibus jugera libéras
« Fruges et Cererem ferunt. »
Hor. lib. III, ode 24.
7 Éditions de i^55 :
Vont encore en ces lieux signaler son courroux.
8 Catilina , dans la pièce de Crébillon, dit :
La mort n'est qu'un instant
Que le grand cœur défie , et que le lâche attend.
C'est un soldat romain qui se donne la mort pour se dérober au supplice : Zamti est un philosophe chinois résigné à la mort. K.
9 « Expedit unum hominem mori pro populo. »
JOÀN. ... iS , l4-
10 L'abbé Mongault était très vaporeux. Employé dans l'éducation du duc d'Orléans , fils du régent, comme l'abbé Dubois l'avait été dans celle du régent, il n'avait eu qu'une abbaye; et Dubois était devenu cardinal, premier ministre, quoique l'abbé Mongault lui fût supérieur en naissance, en esprit, en lumière, et en probité. Il eut la faiblesse d'être malheureux de la destinée du cardinal, et >' n'aurait pas voulu, sans doute, l'acheter au