‹ Théâtre de VoltaireChapitre 31 sur 339 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LA BARONNE

Lisons, « Ma joie et ma tendresse a Sont sans mesure, ainsi que mon bonheur : « Vous arrivez, quel moment pour mon cœur ! « Quoi ! je ne puis vous voir et vous, entendre ! «Entre vos bras je ne puis me jeter!

«Je vous conjure au moins de vouloir prendre « Ces deux paquets : daignez les accepter. «Sachez qu'on m'offre un sort digne d'envie, «Et dont il est permis de s'éblouir:

« Mais il n'est rien que je ne sacrifie

« Au seul mortel que mon eœur doit chérir. »

Ouais. Voilà donc le style de Nanine!

Comme elle écrit, l'innocente orpheline!

Comme elle fait parler la passion !

En vérité ce billet est bien bon.

Tout est parfait, je ne me sens pas d'aise.

Ah, ah, rusée, ainsi vous trompiez Biaise!

Vous m'enleviez en secret mon amant.

Vous avez feint d'aller dans un couvent;

Et tout l'argent que le comte vous donne ,

C'est pour Philippe Hombert ! Fort bien , friponne;

J'en suis charmée, et le perfide amour

Du comte Olban méritait bien ce tour.

Je m'en doutais que le cœur de Nanine

Était plus bas que sa basse origine.

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