‹ Théâtre de VoltaireChapitre 32 sur 339 · LE COMTE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LA BARONNE

LA BARONNE

Venez, venez, homme à grands sentiments, Homme au-dessus des préjugés du temps , Sage amoureux, philosophe sensible; Vous allez voir un trait assez risible. Vous connarssez sans doute à Rémival Monsieur Philippe Hombert, votre rival ?

LE COMTE

Ah ! quels discours vous me tenez ?

LA BARONNE

Peut-être Ce billet-là vous le fera connaître.

A.CTE 11, SCKNK VIII. 53

Je crois qu'Hombert est un fort beau garçon.

LE comtk. Tous vos efforts ne sont plus de saison: Mon parti pris, je suis inébranlable.

Contentez-vous du tour abominable Que vous vouliez me jouer ce matin.

LA BARONNE

Ce nouveau tour est un peu plus malin. Tenez, lisez. Ceci pourra vous plaire; Vous connaîtrez les mœurs, le caractère Du digne objet qui vous a subjugué.

(tandis que le Comte lit.)

Tout en lisant, il me semble intrigué.

Il a pâli; l'affaire émeut sa bile...

Eh bien! monsieur, que pensez-vous du style?

Il ne voit rien , ne dit rien , n'entend rien :

Oh ! le pauvre homme ! il le méritait bien.

LE COMTE

Ai-je bien lu? Je demeure stupide.

O tour affreux! sexe ingrat, cœur perfide !

LA BARONNE

Je le connais, il est né violent;

Il est prompt, ferme ; il va dans un moment

Prendre un parti.

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