DR IX A
Eh bien! madame Xantippe, voilà comme vous êtes maîtresse chez vous ! Fi ! que cela est lâche de se laisser gouverner par son mari ! Ce maudit Socrate m'enlève donc ce beau garçon dont je voulais faire la fortune ! Il me le paiera , le traître.
XANTIPPE
Ma pauvre madame Drixa, ne vous fâchez pas contre mon mari ; je me suis assez fâchée contre lui : c'est un imbécile, je le sais bien; mais, dans le fond, c'est bien le meilleur cœur du monde : cela n'a point de malice ; il fait toutes les sottises possibles, sans y entendre finesse, et avec tant de probité, que cela désarme. D'ailleurs il est têtu comme une mule. J'ai passé ma vie à le tourmenter, je l'ai même battu quelquefois ; non seulement je n'ai pu le corriger, je n'ai même jamais pu le mettre en colère. Que voulez -vous que j'y fasse ?
DRIXA.
Je me vengerai, vous dis-je. J'aperçois sous ces portiques son bon ami Anitus, et quelques uns des nôtres : laissez-moi faire.