‹ Théâtre de VoltaireChapitre 316 sur 339 · ACTE II, SCÈNE Vif. 5l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Vif. 5l

NONOTI.

Monseigneur, je n'ai fait qu'une feuille; j'y prouve que l'aine est une quintessence infuse, que les queues ont été données aux animaux pour chasser les mouches, que Cérès fait des miracles, et que, par conséquent, Socrate est un ennemi de l'état, qu'il faut exterminer.

ANITUS

On ne peut mieux conclure. Allez porter votre délation au second juge, qui est un excellent philosophe: je vous réponds que vous serez bientôt défait de votre ennemi Socrate.

NONOTI.

Monseigneur, je ne suis point son ennemi : je suis fâché seulement qu'il ait tant de réputation; et tout ce que j'en fais est pour la gloire de Cérès, et pour le bien de la patrie.

ANITUS

Allez, dis-je , dépêchez-vous. Eh bien ! savant Chomos, qu'avez-vous fait?

c ho m os.

Monseigneur, n'ayant rien trouvé à reprendre dans les écrits de Socrate, je l'accuse adroitement de penser tout le contraire de ce qu'il a dit; et je montre le venin répandu dans tout ce qu'il dira *\

ANITUS

A merveille. Portez cette pièce au quatrième juge: c'est un homme qui n'a pas le sens commun, et qui vous entendra parfaitement. Et vous, Bertios?

BERTIOS.

Monseigneur, voici mon dernier journal sur le

Théâtre. V. 33

5l 4 SOCRATE.

chaos. Je fais voir adroitement, en passant du chaos aux jeux olympiques, queSocrate pervertit la jeunesse.

ANITUS

Admirable! Allez de ma part chez le septième juge, et dites-lui que je lui recommande Socrate. Bon , voici déjà Mélitus, le chef des onze, qui s'avance. Il n'y a point de détour à prendre avec lui : nous nous connaissons trop l'un et l'autre.

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