‹ Théâtre de VoltaireChapitre 317 sur 339 · ANITUS, MÉLITUS · texte numérisé non relu

ANITUS, MÉLITUS

ANITUS

Monsieur le juge, un mot. Il faut perdre Socrate,

MELITUS.

Monsieur le prêtre, il y a long-temps que j'y pense : unissons-nous sur ce point, nous n'en serons pas moins brouillés sur le reste.

ANITUS

Je sais bien que nous nous haïssons tous deux : mais, en se détestant, il faut se réunir pour gouverner la république.

MÉLITUS

D'accord. Personne ne nous entend ici : je sais que vous êtes un fripon ; vous ne me regardez pas comme un honnête homme; je ne puis vous nuire, parceque vous êtes grand-prêtre ; vous ne pouvez me perdre , parceque je suis grand-juge : mais Socrate peut nous faire tort a l'un et à l'autre en nous démasquant; nous devons donc commencer , vous et moi , par le faire

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