‹ Théâtre de VoltaireChapitre 65 sur 339 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

M. GRIPON, DAM1S.

M. GRJPON.

Comment ! dans ce logis est-on fou , mon garçon ? Quel tapage a-t-on fait la nuit dans la maison? Quoi ! deux tables encore impudemment dressées ! Des débris d'un festin, des chaises renversées, Des laquais étendus ronflants sur le plancher, Et quatre violons, qui, ne pouvant marcher, S'en vont en fredonnant à tâtons dans la rue! N'es-tu pas tout honteux ?

DAMIS

Non : mon ame est émue D'un sentiment si doux, d'un si charmant plaisir, Que devant vous encor je n'en saurais rougir.

M. GRJPON.

D'un sentiment si doux! que diable veux-tu dire?

DAMIS

Je dis que notre hymen à la famille inspire Un délire de joie, un transport inouï.

A peine hier au soir sortîtes-vous d'ici , Que, livrés par avance au lien qui nous presse. Après un long souper, la joie et la tendresse,

Préparant à l'envi le lien conjugal , Nous avons cette nuit ici donné le bal.

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