ACTE 11 , SCENE I. I I
Blanchit, repasse, coud, compte comme Barème, Et sait manquer de tout aussi bien que moi-même. Prends exemple sur elle, afin de vivre heureux. Je reviendrai ce soir vous marier tous deux. Tu parais bon enfant, et ma fille est bien née; Mais, cross-moi, ta cervelle est un peu mal tournée: Il faut que la maison soit sur un autre pied. Dis-moi , ce grand flandrin qui m'a tant ennuyé, Qui toujours de coté me fait la révérence, Vient-il ici souvent ?
Oh ! fort souvent.
M. GRIPON.
Je pense Que, pour cause, il est bon qu'il ne revienne plus.
DAMIS
Nous suivrons sur cela vos ordres absolus.
M. GRIPON.
C'est très bien dit. Mon gendre a du bon; et j'espère Morigéner bientôt cette tête légère:
Mais surtout plus de bal; je ne prétends plus voir Changer la nuit en jour, et le matin en soir.
Ne craignez rien.
M. GRIPON.
Eh bien ! où vas-tu ?
DAMIS
Satisfaire Le plus doux des devoirs et l'ardeur le plus chère.
M. GRIPON.
H brûle pour Phlipotte.
DAMIS
Après avoir dansé , Plein des traits amoureux dont mon cœur est blessé , Je vais, monsieur, je vais... me coucher... je me flatte Que ma passion vive autant que délicate Me fera peu dormir en ce fortuné jour, Et je serai long-temps éveillé par l'amour.
( Il l'embrasse. )