ACTE 11, SCENE ITT. f ID
M. GRIPON.
C'est un profit tout clair. Tous ces gens-là, compère, Sont nos vrais ennemis , dévorent notre bien ; Et, pour vivre à son aise, il faut vivre de rien.
M. DURU
Ils m'auront ruiné ; cela me perce l'ame. Me conseillerais-tu de surprendre ma femme?
M. GRIPON.
Tout comme tu voudras.
M. DURU
Me conseillerais-tu D'attendre encore un peu, de rester inconnu?
M. GRIPON.
Selon ta fantaisie. "
M. DURU
Ah ! le maudit ménage !
Gomment a-t-on reçu l'offre du mariage?
M. GRIPON.
Oh ! fort bien ; sur ce point nous serons tous contents : On aime avec transport déjà mes deux enfants.
Passe. On n'a donc point eu de peine à satisfaire À mes ordres précis?
M. GRIPON.
De la peine? au contraire; Ils ont avec plaisir conclu soudainement. Ton fils a pour ma fille un amour véhément; Et ta fille déjà brûle, sur ma parole, Pour mon petit Gripon.
M. DURU
Du moins cela console.
I l6 LA FEMME QUI A BAISON.
Nous mettrons ordre au reste.
M. GRIPON.
Oh ! tout est résolu,
Et cette après-midi l'hymen sera conclu.
M. DU ru.
Mais , ma femme ?
M. GRIPON.
Oh ! parbleu, ta femme est ton affaire. Je te donne une bru charmante et ménagère : J'ai toujours à ton fils destiné ce bijou ; Et nous les marierons sans leur donner un sou.
M. DURU
Fort bien.
L'argent corrompt la jeunesse volage.
Point d'argent ; c'est un point capital en ménage.
M. DURU
Mais ma femme ?
M. GRIPON.
Fais-en tout ce qu'il te plaira.
M. DURU
Je voudrais voir un peu comme on me recevra , Quel air aura ma femme.
M. GRIPON.
Et pourquoi ? que t'importe ?
M. DURU
Voir... la... si la nature est au moins assez forte, Si le sang parle assez dans ma fille et mon fds Pour reconnaître en moi le maître du logis.
M. GRIPON.
Quand tu te nommeras , tu te feras connaître :