‹ Théâtre de VoltaireChapitre 72 sur 339 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M. DURU; MARTHE, à la porte.

M. DURU

Oh ! quelle est cette jeune et belle demoiselle Qui va vers cette porte ? elle a l'air bien coquet. Est-ce ma fille? mais... j'en ai peur, en effet : Elle est bien faite, au moins, passablement jolie, Et cela fait plaisir. Ecoutez, je vous prie; Où courez-vous si vite, aimable et chère enfant?

MARTHE

Je vais chez ma maîtresse, en sî>n appartement.

Il8 LA FEMME QUI A RAISON.

M. DU RU

Quoi! vous êtes suivante? et de qui, ma mignonne?

MARTHE

De madame Duru.

M. DURU , à part.

Je veux de la friponne Tirer quelque parti, m'instruire, si je puis... Écoutez.

Quoi, monsieur?

M. DURU

Savez-vous qui je suis ?

MARTHE

Non; mais je vois assez ce que vous pouvez être.

M. DURU

Je suis l'intime ami de monsieur votre maître , Et de monsieur Gripon. Je puis très aisément Vous faire ici du bien, même en argent comptant.

MARTHE

Vous me ferez plaisir. Mais, monsieur, le temps presse, Et voici ie moment de coucher ma maîtresse.

M. DURU

Se coucher, quand il est neuf heures du matin?

MARTHE

Oui, monsieur.

M. DURU

Quelle vie ! et quel horrible train !

MARTHE

C'est un train fort honnête. Après souper on joue ; Après le jeu l'on danse, et puis on dort.

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