‹ Théâtre de VoltaireChapitre 93 sur 339 · ACTE III, SCÈNE V. 1 1\ I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V. 1 1\ I

Et qui Fensevelit est mauvais citoyen; Il fait tort à l'état, il s'en fait à soi-même. Faut-il , sur son comptoir, l'œil trouble et le teint blême, Manquer du nécessaire auprès d'un coffre-fort , Pour avoir de quoi vivre un jour après sa mort? Ah! vivez avec nous dans une honnête aisance. Le prix de nos travaux est dans la jouissance : Faites votre bonheur en remplissant nos vœux. Etre riche n'est rien, le tout est d'être heureux.

M. DU RU

Le beau sermon du luxe et de l'intempérance! Gripon, je souffrirais que, pendant mon absence, On dispose de tout, de mes biens, de mon fils, De ma fille !

MADAME DU RU

Monsieur, je vous en écrivis :

Cette union est sage, et doit vous le paraître; Vos enfants sont heureux, leur père devrait l'être.

M. DURU

Non; je serais outré d'être heureux malgré moi : (Test être heureux en sot de souffrir que, chez soi, Femme, fils, gendre, fille, ainsi se réjouissent.

MADAME DURU

Ah ! qu'à cette union tous vos vœux applaudissent !

M. DURU

Non, non , non, non; il faut être maître chez soi.

MADAME DURU

Vous le serez toujours.

ÉRISE.

Ah ! disposez de moi.

l/p. LA FEMME QUI A RAISON,

MADAME DURÏ1.

Nous sommes à vos pieds.

D AMIS

Tout ici doit vous plaire; Serez-vous inflexible?

MADAME DURU

Ah , mon époux !

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