‹ Théâtre de VoltaireChapitre 96 sur 339 · DES ÉDITEURS DE L'ÉDITION DE KEHL · texte numérisé non relu

DES ÉDITEURS DE L'ÉDITION DE KEHL

Cette pièce est une imitation de Sophocle , aussi exacte que la différence des mœurs et les progrès de l'art ont pu le permettre. Elle fut jouée en iy5o avec beaucoup de succès. L'auteur fut seulement obligé d'en changer le dénoùment.

Crébillon était censeur des pièces de théâtre : M. de Voltaire fut donc obligé de lui présenter sa tragédie. « Monsieur, lui dit Cré- « billon en la lui rendant, j'ai été content du succès à' Electre; je « souhaite que le frère vous fasse autant d'honneur que la sœur « m'en a fait. »

A la première représentation , on applaudit avec transport au morceau imité de Sophocle. M. de Voltaire s'élança sur le bord de sa loge : « Courage , Athéniens ! s'écria-t-il , c'est du Sophocle. »

On verra, en lisant les variantes, que l'auteur a retranché d'éloquentes déclamations pour mettre plus de mouvement dans les scènes; qu'il s'est écarté du génie du théâtre grec pour ne plus suivre que le sien I.

JOreste fut joué à Paris, pour la première fois, le 12 janvier 17^0. Voltaire y assista en loge grillée. La pièce avait été lue en novembre 1749 , chez le comte d'Argental. A la première représentation , un récit fait par mademoiselle Gaussin choqua les spectateurs, qui le trouvaient déplacé dans la bouche d'une femme , et la représenta lion ne fut achevée qu'avec peine.Voltaire, rentré chez lui, s'occupa de faire un nouveau cinquième acte. Il changea le récit, fit quelques corrections dans les premiers actes; tout était fini à minuit. Les rôles furent bientôt remis aux acteurs , et la seconde représentation eut lieu le 19 avec des changements ; ce qui dérouta les ennemis de l'auteur. Cependant sa tragédie n'eut que neuf représentations. Collé , dans ses Mémoires, I, 148, a donné le modèle des billets de parterre du 12 janvier.

On donna aux marionnettes une parodie dans laquelle il y avait , dit Fréron , d'assez bons traits contre la pièce et contre l'auteur. Les Lettres de

l48 AVERTISSEMENT.

Boug... d' Asnerie , pour le sieur Arouel de Voltaire , réimprimées dans les Mémoires de Collé , tome Ier, page i58 , et dans les Mémoires pour servir à l'histoire de la Calotte, tome VI, page i45, parurent peu après Oreste. Voltaire y est proclamé conseiller traducteur ordinaire et extraordinaire des auteurs anciens et modernes, à l'usage de nous et des noires. Un petit volume intitulé : Voltaire âne , jadis poète, en Sybérie , de l'imprimerie volontaire 1750, petit in -8° de 39 pages, contient: i°les Lettres {de Boug... d' Asnerie) ; 20 La Pétarade, ou Polichincl auteur , pièce qui h1 a point encore paru en foire , et qui ri y paraîtra peut-être jamais : c'est une espèce de parodie à' Oreste; 3° Dispute entre Voltaire et Rousseau, dialogue en vers ; 4° trois épigrammes. Voici la liste des autres écrits cpii furent publiés à l'ocasion à* Oreste : I. Dissertation sur les principales tragédies anciennes et modernes qui ont paru sur le sujet d'Electre, etc. On peut voir à la suite (ÏOreste cette Dissertation , et la note que j'y ai ajoutée. II. Précis des Eleclres , in-8° de 32 pages. III. Lettre à M. de V** sur la tragédie d' Oreste, petit in -8° de 16 .pages. IV. Electre vengée , ou Letti-e sur la tragédie d' Oreste et d'Electre, par M. le M. de C, in- 12 de 2 3 pages. V. Réflexions sur la tragédie d' Oreste, oh se trouve placé naturellement l'essai d'un parallèle de cette pièce avec l'Electre de M. de C. (Crébillon), in- 12 de 47 pages, attribué au chevalier de La Morlière. VI. Parallèle des quatre Electre de Sophocle, d' Euripide , de M. de Crébillon, et de M. de Voltaire ( par Gaillard ) , 17.^0, in-12 de 124 pages. VII. Lettre à madame la comtesse de*** sur la tragédie d' Oreste de M. de Voltaire, et sur la comédie de la Force du naturel de M. Néricault Destouches , in-12 de 3G pages. L'auteur est Lieudé de Sepmanville. VIII. Justification de la tragédie d' Oreste, par l'auteur, in - 12 de 28 pages. Au bas de la première page est cette note : « On croit devoir avertir, crainte d'équivoque , que ces mo\s par « l auteur, doivent s'entendre de l'auteur de la Justification.» IX. Précis de l' Electre de Sophocle (par l'abbé Danet), in-12 de 28 pages. X. Electre d'Euripide, tragédie traduite du grec (par Larcher), 1 700 , in-12. B.

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