LA SŒUR GRISE
iVloNsiEUR Gilles est-il là?
ARLEQUIN
Oui.
Des enfants trouvés )esuis la Sœur portière, Et je viens lui donner un avis salutaire. Mon doux Jésus, qu'elle est grandie !
ISABELLE
Expliquez-vous.
LA SŒUR
Cette fille, Monsieur, vous la prîtes chez
nous, Il y a bien dix ans.
2g8 L* Amant
GILLES
Je fit un bon voyage.
LA SŒUR
Nous ignorions alors quel est son paren-
tage.
Cet écrit retrouvé peut découvrir son sort, Et pourra bien causer quelque joyeux transport.
ISABELLE
Vous me fichez malheur, pourquoi tant de
mystère ?
De qui vient cet écrit ?
Il vient de votre mère, Et contient en un mot un merveilleux secret.
GILLES
La peste !
LEANDRE
Diable!
ISABELLE
Ciel !
LA SŒUR
Ecoutez ce billet.
» J'exposons not' enfant par faute de richesse.
cochemard. 299-
« C'est une fille, un jour nous la réclamerons.
« Elle naquit aveuq'un mulet sur la fesse, « A cette marque-là je la reconnoîtrons. »
GILLES
Un mulet ! de sa mère, hélas ! c'est une
envie, Aurois-tu ce mulet!
LEANDRE
Je vous le certifie.
ISABELLE
Monsieur en est croyable.
GILLES
Oui, je m'en ressouvien, Sa pauvr'mere écrivit ste lettre de sa main. Lorsque je l'exposâm' à la Salpétriere.
Tu serois mon enfant !
ISABELLE
Monsieur Gilles est mon père.
(Ici A rlequin et la Sœur Grise pleurent de tendresse.) la:{is.
Monsieur j'en suis bien aise, et vous fais compliment.
(à Isabelle.) Je vous le faits encore plus agriablement.
3oo L'Amant
J'eusse fait un insecq, queu bonheur! mon
■ bon Ange.
Me nouit l'aiguillet'.
ISABELLE
Queul évenment étrange !
GILLES
Liandre, elle est à vous. Allons aux Por-
cherons, Je serons tous contens, je nous y soûlerons.