‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 14 sur 137 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

CASSECROUTE, PICOTIN, GILLES caché

pNvé:

J/ plu

PICOTIN, bredouillant.

N vérité, Monsieur Cassecroute, je n'y puis plus tenir.

CASSECROUTE.

Comment donc:* Qu'est-ce que c'est donc que vous avez ?

PICOTIN

Et je viens pour avertir Monsieur Cassandre qu'il est un sot, et qu'il se laisse mener par le nez par sa femme.

Des Cocus. 41

CASSECROUTE.

Dame, c'est peut-être qu'elle ne peut pas le mener par autre chose; je viens aussi lui parler sur sa coefFure.

Vous voulez sans doute lui parler de Monsieur Liandre.

CASSECROUTE.

Oh que nenni : je viens l'avertir que Monsieur le Chanoine est son aide-de-camp.

PICOTIN

Oui-da, voyez-vous, nous ne sommes que deux, et j'en connoissons deux.

CASSECROUTE.

Si j'étions quatre, vous verriez, j'en connoîtrions quatre.

PICOTIN

Mais sçavez-vous qu'il faut mettre ordre à ça, et que nous n'avons jamais eu de Cocus dans notre famille.

CASSECROUTE.

Pour moi je suis bien résolu de l'avertir de tout ce qui se passe.

PICOTIN

Mais comme ceci t'est un conseil de famille, et qu'il ne faut rien faire à la légère,

4'i La Confiance

allons boire chopine ici près chez le cousin du coin.

CASSECROUTE.

J'y consens, ça nous donnera toujours du courage; il faudroit y mener le cousin Cassandre, car on dit qu'un verre de vin avise son homme.

PICOTIN

Oh, mordié ! il ne boit donc que de l'eau, car il n'est guéres avisé.

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