‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 13 sur 137 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

GILLES seul.

PARDiENNE, jc suis tombé cheux un bon maître, ou plutôt cheux une bonne maîtresse; car Mamselle z'Isabelle porte les culottes : il est vrai qu'elle n'en use pas pour une paire, mais que m'importe à moi ? Monsieur Cassandre, son bon homme de mari, z'est plus que content. Elle est généreuse, elle m'a donné avant hier une vieille écritoire, l'autre jour un vieux chaufte-pied pour mettre mes sabots, hier un peigne, et aujourd'hui six paires de ses vieux souliers, du pain d'épice, un sifflet de bouys, une cuillère de bois, et plus de trente chansons nouvelles du Pont-Neuf, et j'ai toujours ma

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soupe toute pleine de choux. Pardienne tout cela z'est bien joli, et pourquoi faire? Pour dire à Monsieur le Chanoine que Mamselle n'y est pas quand elle est avec Monsieur Liandre; pour dire à Monsieur Liandre qu'elle est sortie quand Monsieur le Chanoine est dedans, et puis pour ne rien dire de tout cela à Monsieur Cassandre. Oh Dame! cela n'est pas bien difhcile, ça ne me fatigue pas beaucoup, aussi je suis plus gras que notre défunt cochon. Mais notre Demoiselle m'a dit de tout écouter, et de lui tout dire. Voilà deux parens de notre vieux maître; écoutons sans faire semblant de rien leur conversation.

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