SCENE VIIL
CASSANDRE, GILLES arrive brusquement, renverse Monsieur Cassandre.
CASSANDRE
Aïs voyez un peu cet animal, il m'a failli enfoncer sa tête dans l'œil.
Eh bien, Monsieur, qu'est-ce que vous voulez ?
CASSANDRE
Mais brutal, est-ce qu'il convient qu'un valet comme vous se fasse appeler pendant z'une heure.
Parguienne, Monsieur, j'étois là au cabaret ici près, le maître a demandé un doigt de vm, la servante m'a dit, Gilles, veux-tu
qui est beau. 265
venir en tirer un coup ensemble ? plutôt deux , ai-je répondu , et nous sommes descendus, puis je n'ai été ni sot ni étourdi j'en ai d'abord tiré un ; et comme j'allois recommencer , je vous ai entendu appel- 1er, et vite je suis accouru; morguienne, Monsieur, c'est une bonne pâte de lille au moins que cette servante là.
CASSANDRE
Il faut malgré moi retenir ma colère, car j'ai besoin de ce coquin-là.... ah ça, Gilles, connoissant ta fidélité, je vais te confier ma fortune.
GILLES
Ah Monsieur, point du tout. '
CASSANDRE
Si fait, je vais t'envoyer chez Monsieur l'Empeigne.
GILLES
Chez Monsieur l'Empeigne ?
CASSANDRE
Oui, mon ami.
GILLES s'en allant. Oh voilà qu'est fait.
266 Ah que voila
CASSANDRE
Mais où vas-tu donc, butor?
GILLES
Pardi je m'en vas chez M. l'Empeigne.
CASSANDRE
Mais est-ce qu'on s'en va comme ça, sans sçavoir pourquoi ?
GILLES
Ah ! oui, Monsieur, vous avez raison.
CASSANDRE liii domiant une bourse.
Va donc chez lui pour porter ces trentequatre pistoUes.
GILLES s'en allant.
Oui, Monsieur.
CASSANDRE
Attends donc... tu lui diras aussi que je l'attends ce soir à souper, pour commencer notre mariage.
GILLES s'en allant.
Oui, Monsieur.
CASSANDRE
Gilles, dis-lui encore qu'il n'oublie pas d'amener Mamselle z'Isabelle.
qui est beau. 267
Parlez donc, Monsieur, est-ce que vous voulez les épouser tous deux.
CASSANDRE
Eh non, mon ami, je n'épouse ce soir que la charmante z'Isabelle ; mais il est plus convenable avant que de se marier, de boire un coup avec le père de sa prétendue ; ah ça, va donc vite, et reviens, je vais t'attendre chez moi, je m'épargne cette peine, pour me ménager d'autant, en attendant ma prochaine noce.