‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une noticeChapitre 139 sur 146 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

DIVERTISSANT, SANS-QUARTIER

DIVERTISSANT

Mais, morbleu, mon ami, où te fourre-tu donc, il y a une bonne heure que je te cherche par tous les coins imaginables du monde sans pouvoir te trouver, et il s'agit en ce moment d'une affaire d'honneur, et de la dernière conséquence.

SANS-QUARTIER

Je n'étois pas loin pourtant, j'étranglois une pinte ici proche.

DIVERTISSANT

Tu t'amuses toujours à gobeloter au cabaret, et tu ne songes pas à ce qui se passe:

de Fortunatus. 401

misérable! tu n'as non plus d'esprit que si tu ne me fréquentois pas. Sçais-tu ce qu'il y a de nouveau ?

SANS-QUARTIER

Non, est-ce que tu scais quelque chose^

DIVERTISSANT

Mon ami, c'est aujourd'hui la plus belle occasion du monde pour faire voir que nous sommes des gens d'esprit, et pour attrapper trois mille pistoles.

SANS-QUARTIER

Trois mille pistoles!

Tout autant. Apprens, mon ami, que M. de Parlamorbleu, Maître de Gilles, envoyé aujourd'hui cet imbécile en Hollande pour lui acheter des chevaux, et qu'il lui a donné trois mille pistoles pour cette emplette.

SANS-QUARTIER

Eh bien, qu'est-ce que cela nous fait ?

DIVERTISSANT

Oh l'animal ! oh le cheval ! et tu ne conçois pas brutal, que si nous sommes gens d'esprit, il nous faut attraper ces trois mille pistoles.

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